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samedi 24 septembre 2016

15 octobre : journée d’actions Stop TAFTA & CETA





Le 18 octobre prochain les 28 pays de l'union décideront probablement de signer l'AECG (CETA accord de libre échange UE-Canada). Le Canada signerait fin octobre et dans la foulée le parlement européen serait saisit.

Or pour la première fois un accord de libre échange instaure une liste négative pour chaque pays de ce qui n'est pas privatisable, tout le reste entrant dans le marché (1). D'ores et déjà tous les services d'assainissement seront ouverts au marché privé par la France.

Tous secteurs publics privatisés ne pourraient plus revenir à une forme de gestion publique. En effet cet accord instaure une clause de cliquet qui empêche tout retour au service public des services privés(2)

Seules 10% des AOP de l'UE sont reconnues, mais le Canada a prévenu qu'il ne veillerait pas au respect de ces appellations.

Les arbitres appelé à présent "juges", du mécanisme de règlement des différents ne seront pas tenus d'appliquer les lois nationales dans leurs arbitrages  Firmes- Tous niveaux de gouvernement et pourront demander des sommes de dédommagement colossales, sans parler de l'énormité des frais de la procédure d'arbitrage .
Un petit village Québécois doit s'acquitter de 225000 dollars de simples frais pour se défendre.
Il est demandé par la firme canadienne une somme de 1,5 millions de dollars à un village d'un peu plus de 100 habitants qui a voulu protéger son eau potable.

Et une Firme canadienne réclame 15 milliards de dollars de dédommagements aux US pour le choix de l'administration américaine d'abandonner le projet Keystone http://www.stoptafta14.org/tag/sables-bitumineux/


Les entreprises américaines pourront profiter des avantages du TAFTA avant l'heure. En effet 81% des firmes US sont présentes au Canada et pourront attaquer les pouvoirs publics européens.

Ne parlons pas des 75000 tonnes de viande de porc et 50000 tonnes de viande de bœuf canadiennes exemptées de droit de douane, qui vont entraîner très probablement la disparition de milliers d'emplois.

Ne parlons pas du principe de précaution que le Canada ne reconnait pas, ni de la coopération règlementaire, ni de la reconnaissance de Luxembourg comme place financière.

Les graves effets sociaux, environnementaux et climatiques conduisent le collectif stop TAFTA du Loiret à combattre ce traité et appelle à une manifestation à Paris place Stalingrad à 15h30 le samedi 15 octobre.

(1) Le traité euro-canadien prévoit en son article 15.8 que chaque Partie a le « droit de définir le type d’obligations de service universel qu’elle souhaite maintenir ». Toutefois, l'alinéa 2 du même article précise : « Chaque Partie fait en sorte que toute application d’une mesure sur le service universel qu’elle adopte ou maintient soit transparente, objective, non discriminatoire et neutre du point de vue de la concurrence ». On retrouve ce type de disposition dans le droit de l'UE qui a nécessité la mise en place des différents organes de régulation agissant sous le contrôle du juge européen. Ici, le mécanisme de règlement des différends pourra être saisi par une entreprise qui contestera la « neutralité » du service universel par rapport à la concurrence. Jusqu'ici, cela a voulu dire que le service universel s'arrête là où les entreprises peuvent faire des bénéfices.

(2) Dans le traité euro-canadien (Article 2.7-1), une clause de « moratoire » (« standstill » en anglais) – de non-retour ou de statu quo – empêcherait pour un service donné de revenir à un niveau de libéralisation inférieur à celui de la date d'entrée en vigueur du traité dans le pays concerné. Le rétablissement de monopoles publics dans des domaines actuellement ouverts à la concurrence serait interdit, comme une remunicipalisation des services de transports publics par exemple.


Christian Conte




mardi 28 juin 2016

Actualités.. Fête des Résistances et des Alternatives



1) Actualités:

a) TAFTA, CETA
Le gouvernement français semble prendre de la distance avec le TAFTA mais ça reste à vérifier dans les actes.. 



Par contre l'autre traité atlantique, le CETA, négocié entre l'UE et le Canada et qui doit être très prochainement ratifié n'est absolument pas remis en cause alors qu'il aboutit lui aussi à la mainmise des multinationales sur tous les domaines de notre vie.







 Pour signer la pétition:




b) Notre Dame des Landes

Dessin extrait du site Reporterre





2) Fête des Résistances et des Alternatives

Le monde dans lequel nous vivons marche sur la tête… ou plutôt ce sont ceux qui le dirigent qui marchent sur les nôtres, de têtes ! De plus en plus inégal, de plus en plus replié sur lui-même, il annonce un futur bien sombre dans lequel nous ne nous reconnaissons pas. Racismes, exclusions, précarité, pauvreté, discriminations en tout genre, catastrophes écologiques : ce n’est pas ce que nous voulons !


Nous sommes des citoyennes et des citoyens, des militantes et des militants, engagé.e.s sur le terrain des résistances, des alternatives, des luttes sociales. Nous ne voulons pas nous résigner des injustices du système capitaliste. Nous ne voulons pas nous résigner à la domination de ceux qui profitent de la crise ni aux avancées de ceux qui prospèrent sur la désespérance sociale. Nous ne voulons pas que continuent le saccage de la planète et la frénésie productiviste.
Ce que nous voulons c’est nous retrouver pour partager nos espoirs, échanger sur nos combats, dessiner ensemble des alternatives. Pour cela nous organisons le 3 juillet à Semoy un évènement fédérateur, festif et convivial, une fête des résistances et des alternatives.









lundi 30 mai 2016

Condamnés au silence, nous quittons la démocratie.





Dès qu'il y a parole, il y a échange, il y a construction de règles et de lois pour vivre ensemble mais notre expression de sujet est considérablement menacée.



Hier soir à la suite de notre intervention j'entendais un participant à nuit debout nous dire à peu près ceci" quel crédit pouvons-nous apporter à vos propos puisque tout est secret ?"

Effectivement que pouvions-nous dire de négociations secrètes ou non encore traduites sinon faire état de fuites invérifiables?


Directive secret des affaires
Secret total du mécanisme de stabilité financière institution de l'UE
Secret des questions touchant à la BCE
Secret total des affaires traitées par la commission de la concurrence de l'UE
Secret total dans les négociations d'accords de libre échange AECG, PTCI, et ACS.
Accès limité de parlementaires à quelques textes négociés à condition de ne jamais en révéler quoique ce soit à un tiers.



Une possible directive économique de l'UE dépossédant les parlementaires des choix politiques en matière d'économie.



Ne parlons pas du silence requis à l'assemblée nationale avec le 49-3



Ne parlons pas du référendum de 2005, ni des mécanismes de règlement des différends et de la coopération règlementaire, ni des traités européens.



Nous sommes entrés dans un nouvel ordre politique.


Christian Conte des AMD






Dernière minute...

Le résultat de la consultation citoyenne que la Ville de Saran avait organisé aujourd'hui sur l'intercommunalité nous est parvenu : 78,25% des électeurs se sont prononcés contre le transfert de nouvelles compétences communales vers la future Communauté urbaine.




samedi 14 mai 2016

TAFTA... CETA...




Le secrétaire d’Etat au commerce extérieur, Matthias Fekl a qualifié mardi 10 mai le projet de traité entre l'UE et le Canada (CETA) d’ « anti-Tafta. ». Info ou intox ?


Voici ce qu'en pense Yannick Jadot, député européen EELV, vice-président de la commission du commerce international...








Alternatives Economiques - le 13 mai 2016





... et ce qu'en pense la Confédération Paysanne:


















mercredi 20 janvier 2016

Pour une mobilisation citoyenne contre le TAFTA - Raoul Marc Jennar



TAFTA, PTCI, TTIP, Traité Transatlantique, ce texte a de multiples noms et pourtant il reste méconnu pour beaucoup d’entre nous.S’il est adopté dans les mois à venir, ce projet de traité risque de changer fondamentalement notre vie et notre modèle social, démocratique et écologique.

 


Raoul Marc Jennar, spécialiste des traités de libre-échange et de l'OMC, démystifie un texte qu'il faut combattre avec acharnement.

 

 





Pour aller plus loin..
Audition de Raoul Marc Jennar
 sur
L’ACCORD SUR LE COMMERCE DES SERVICES

Parlement de Wallonie
Commission en charge des questions européennes
Séance du 11 janvier 2016





Je remercie votre Commission pour m’avoir invité à cette audition.  Je suis, vous le savez peut-être, le co-auteur d’une étude approfondie sur le contenu et l’impact de l’Accord Général sur le Commerce des Services [1], cet AGCS qui est en quelque sorte la matrice d’où est né le projet qui fait l’objet de la réunion de ce jour. J’ai également publié un article sur l’ACS dans le Monde diplomatique.[2] Et je vais m’efforcer de démontrer en quoi, l’ACS est plus dangereux encore que l’AGCS pour la démocratie et les choix de société dont nous entendons garder la maîtrise.



Mais auparavant, je souhaite inscrire ce projet dans un ensemble plus large que je désigne comme les accords de libre-échange de la nouvelle génération, accords qui ont profondément modifié le sens de termes comme « commerce » ou « libre-échange » puisqu’ils dépassent et de très loin la seule volonté de réduire ces obstacles au commerce que sont les droits de douane et les réglementations douanières.



Le premier de ces accords de nouvelle génération est l’ALENA, accord de libre échange nord-américain entre le Canada, les USA et le Mexique qui inspire à beaucoup d’égards trois accords du même genre auxquels nous sommes confrontés directement  aujourd’hui : l’accord UE-Canada, dont la négociation est terminée, l’accord UE-USA en cours de négociation ainsi que l’ACS également en cours de négociation. Indirectement la négociation du PTCI (ou TTIP) est impactée par l’accord de Partenariat transpacifique dont la négociation est également terminée.



Toutes ces négociations ont en commun



-  l'élimination des droits de douane ; une suppression particulièrement problématique pour les paysans européens, mais aussi pour les pays en développement,



-  la réécriture des règlements, des normes et des lois par et pour les multinationales, au sein de traités et par le biais de forums technocratiques de coopération réglementaire,



-  la mise en place d'une justice privée des multinationales contre les décisions des gouvernements et des collectivités locales ou régionales



-  des garanties et des avantages socio-économiques dérisoires,



-  la langue de bois des textes et le langage piégé des promoteurs de ces traités,



-  l'opacité des négociations pour les citoyens et leurs élus qui contraste avec la part essentielle qu'y prennent les grandes multinationales.



A propos de cette dernière caractéristique, je voudrais souligner que le mandat européen de négociation de ces traités est préparé par la Commission et cela se fait toujours en étroite coordination avec des acteurs privés comme l’American Chamber of Commerce et BusinessEurope, le puissant lobby patronal européen. Même Pierre Defraigne, ancien directeur de cabinet de Pascal Lamy quand il était Commissaire européen admet, je cite, « une collusion systématique entre la Commission et les cercles d’affaires. » Pour la préparation du mandat pour le PTCI/TTIP, la Commission a reconnu avoir tenu 119 réunions sur 130 avec les représentants de ces intérêts très privés. Les résolutions que vote le Parlement européen sur ces questions sont sans effets de droit. Par contre, une fois le mandat adopté par le Conseil des Ministres de l’UE - dont chacun sait que, comme collège, il n’est en rien responsable devant une instance démocratiquement élue – ce texte devient la politique de l’Union européenne . Le silence qui accompagne le plus souvent l’adoption de ce mandat et qui caractérise ensuite le déroulement de négociations qui concernent pourtant des choix de société fondamentaux constitue un véritable déni de démocratie.




[1] Raoul Marc JENNAR & Laurence KALAFATIDES, L’AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales, Paris, Raisons d’Agir, 2007.
[2] Raoul Marc JENNAR, « Cinquante Etats négocient en secret la libéralisation des services », Le Monde diplomatique, n° 726, septembre 2014, pp. 12-13.


jeudi 31 décembre 2015

Territoire TAFTA ou territoire d'alternatives?





L'AITEC* vient de publier une infographie sur les conséquences du TAFTA sur une commune française de 3 000 habitants et une autre sur cette même ville, transformée, dans un futur proche, par ses politiques pionnières de transition sociale et écologique.


  • Expédition en territoire Tafta (LIEN)




  • Voyage en terre alternative (LIEN)




Si vous aussi êtes convaincu-e-s que la privatisation des services, la désagrégation sociale et le saccage de nos territoires par les multinationales ne sont pas une fatalité, vous pouvez agir !
- Rejoignez la campagne internationale Stop TAFTA https://www.collectifstoptafta.org/

- Informez vos proches, collègues...

- Signez et faites signer la pétition de l'Initiative européenne pour l'arrêt des négociations sur le site du Collectif Stop TAFTA

- Contactez vos élu-e-s locaux, et parlez leur du TAFTA et de ses conséquences potentielles sur  votre commune, envoyez-leur cette infographie, demandez un rendez-vous ! Vous pouvez notamment proposer à votre commune de se déclarer "Zone hors TAFTA" (carte des collectivités sur le site)

- Contacter le Collectif Stop TAFTA du Loiret (45)  https://www.collectifstoptafta.org/auteur/45-collectif-stop-tafta-du-loiret
 


*AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs): Créée par des urbanistes, économistes, cadres d’entreprises, juristes…, l’Aitec est une association de solidarité internationale engagée pour la justice économique, sociale et écologique. À travers la recherche, le plaidoyer et l’appui aux campagnes et aux mobilisations des mouvements sociaux et citoyens, l’Aitec participe à la construction d’une expertise ancrée dans la résistance et l’action critique. Elle s’efforce aussi de proposer des perspectives et des politiques alternatives.







jeudi 22 octobre 2015

TAFTA: lobbying et démocratie…






Le collectif Eau Secours s'était engagé dès le printemps 2014 dans la lutte contre les traités atlantiques dont l'objectif clairement affiché de libéraliser au maximum le commerce entre les deux rives de l’Atlantique faisait le jeu des grandes entreprises au détriment des citoyens, de leurs services publics, de la santé, de l'eau ... 



Nous affirmions alors "Si ce traité était adopté, l'eau en subirait directement les conséquences car les multinationales pourraient bloquer tout projet occasionnant pour elles un manque ou une perte de profit. Le retour en régie publique deviendrait alors quasiment impossible.. et l'eau "bien commun" ne serait plus qu'un concept démodé.."

Or les négociations menées jusqu'à ce jour entre la Commission Européenne et les Etats-Unis, sous le contrôle direct des multinationales, et qui montrent une obsession financière aux conséquences antisociales irréversibles pour les citoyens des 2 rives de l'Atlantique et qui sont une menace directe pour les PME, l'agriculture, les services publics... illustrent totalement ce que nous dénoncions. 


Effectuées dans une opacité quasi totale ces négociations n'ont rien de démocratique. 





1) Le lobbying 



stoptafta.wordpress - le 21 octobre 2015



2) La démocratie


SumOfUs - le 19 septembre 2015






Seule la mobilisation citoyenne pourra bloquer le Tafta et éviter ainsi une déréglementation massive des droits sociaux et du travail, des normes environnementales et une atteinte directe aux services publics, à la culture...



Si vous souhaitez en savoir plus:






Si vous souhaitez vous engager:

- signez l'Initiative Citoyenne Européenne contre les traités transatlantiques https://stop-ttip.org/fr/signer/

et faites-là connaître autour de vous  

- prenez contact avec une des structures membres du Collectif Stop Tafta du Loiret: ACA, ADECR 45, Alternative Libertaire Orléans, Amis du Monde  diplomatique de l’Orléanais, AMAP Terre en vie, Association des communistes unitaires,   ATTAC 45, Cenabumix, CGT 45, Collectif Roosevelt Loiret, Collectif  Stop TAFTA Saran, Collectif Unitaire Intermittents et Précaires du  Loiret, Confédération paysanne du Loiret Eau Secours 45, EELV 45, Europe Démocratie Espérento 45, Faucheurs volontaires 45, FSU 45, Gavor 45, Labomedia, Les alternatifs, Loiret sans OGM, MAN Orléans, MJCF/UEC 45, MNLE 45, Mouvement de la paix  Orléans, Nouvelle Donne 45, NPA 45, PCF 45, PG 45, Société des Amis de  l’Humanité du Loiret et Solidaires 45, SPLF.









mardi 6 octobre 2015

"L'eau et l'assainissement sont un droit humain! L'eau est un bien public, pas une marchandise!"




Ce titre représente bien les objectifs d’une Initiative Citoyenne Européenne (ICE), pétition qui a été la première à remplir tous les critères imposés par le traité de Lisbonne1 .  Cet article en rappelle l’histoire, histoire qui continue de s’écrire en cet automne 2015.




La pétition elle-même est rappelée ci-dessous

Objet: 


Nous invitons la Commission européenne à proposer une législation qui fasse du droit à l'eau et à l'assainissement un droit humain au sens que lui donnent les Nations unies, et à promouvoir la fourniture d'eau et l'assainissement en tant que services publics essentiels pour tous.




Principaux objectifs:



 Le droit européen devrait exiger des gouvernements qu'ils garantissent et fournissent à tous les citoyens l’assainissement et de l’eau saine et potable en suffisance. Nous demandons instamment que :

1. Les institutions européennes et les États membres soient tenus de faire en sorte que tous les habitants jouissent du droit à l'eau et à l'assainissement.

2. L'approvisionnement en eau et la gestion des ressources hydriques ne soient pas soumis aux "règles du marché intérieur" et que les services des eaux soient exclus de la libéralisation. 
3. L'Union européenne intensifie ses efforts pour réaliser l'accès universel à l'eau et à l'assainissement.


Avec 1.9 millions de signatures, l’ICE « L’eau un droit humain »  (ou Right2Water) fut  la première pétition à contraindre la Commission Européenne (CE) à donner une réponse, même décevante,  aux attentes des  signataires. Le Parlement Européen, en votant le 8 septembre 2015 une résolution beaucoup plus conforme aux exigences citoyennes, donne un  nouvel élan à une bataille qui se poursuit pour un service public de l’eau aux mains des citoyens et non des marchés. 
Voici un petit résumé de cette longue histoire de l’ICE « eau droit humain »  dont on peut suivre les détails sur le site web http://www.right2water.eu



Les origines

Mars 2012 : David Boys (Fédération Internationale des Services Publics) dénonce « le mythe de la contribution des opérateurs privés dans l’accès à l’eau » au Forum Mondial de l’eau à Marseille. Il annonce le lancement d’une pétition visant à obliger la Commission Européenne à prendre position sur les principes. 2 



La campagne de signatures 2012-2013 

La Fédération Syndicale Européenne des Services Publics (FSESP), qui regroupe 275 organisations syndicales dans tous les services publics européens, lance cette ICE  avec l’objectif de dépasser en un an, du 23 septembre 2012 au 23 septembre 2013,  le  million de signatures requis par le traité de Lisbonne pour que ce vote citoyen soit contraignant pour la CE. De nombreuses organisations (syndicats, partis,  associations) soutiennent cette ICE qui connait un grand succès dans plusieurs pays européens comme l’Allemagne (1.382.195), l’Italie (68.370) ou encore la Grèce (36.144),  moins bien en France (23.231). 
L’initiative citoyenne reçoit à la date prévue 1.884.790 signatures soit nettement plus que le minimum requis.



Mars 2014 : communication de la Commission Européenne en 2014

La CE, saisie de cette ICE réussie  le 20 décembre 2013, y a répondu le 19 mars 2014 en renvoyant à une ancienne directive (98/83/CE) sur l’eau potable sans vraiment faire des avancées dans le sens réclamé par les signataires de cette ICE3.
Un extrait de cette réponse (p11) témoigne de la façon dont la Commission « botte en touche » une des exigences centrales de RIGHT2WATER:
 La Commission continuera de garantir le plein respect des règles du traité exigeant la neutralité de l'UE à l’égard de décisions nationales régissant le régime de propriété des entreprises de distribution d’eau29 , tout en veillant au respect des principes essentiels du traité, comme la transparence et l’égalité de traitement. En ce qui concerne les préoccupations exprimées par l’initiative citoyenne, à savoir que l’approvisionnement en eau et la gestion des ressources hydriques ne devraient pas être soumis aux «règles du marché intérieur» et que «les services des eaux devraient être exclus de la libéralisation», la Commission confirme que la nouvelle législation sur les marchés publics ne s’appliquera pas aux services fournis par les autorités locales elles-mêmes, par l’intermédiaire d’une entreprise commune ou d’une entreprise liée30.

 

Une tout autre prise en considération par le Parlement Européen.

Après études en commissions le Parlement Européen a voté le 8 septembre 2015  une résolution à l’adresse du Conseil et de la Commission Européenne qui soutient de façon précise les objectifs  de l’Initiative Citoyenne  Right2Water 4 .
Les alinéas 45 à 47,  extraits qui sont reproduits  ci-dessous, sont éclairants et sont autant de  points d’appuis pour les batailles à venir au niveau européen et au niveau local.

45. souligne que, conformément au principe de subsidiarité, la Commission devrait rester neutre concernant les décisions des États membres relatives au régime de propriété des services liés à l'eau et ne devrait pas promouvoir la privatisation des services liés à l'eau, que ce soit par la législation ou de toute autre manière;
  

46. rappelle que la faculté de remunicipaliser les services liés à l'eau devrait rester garantie sans restriction à l'avenir et que ces services peuvent être maintenus sous gestion locale si les autorités publiques compétentes en font le choix; 

rappelle que l'eau est un droit humain fondamental qui doit être accessible et abordable pour tous; souligne que les États membres ont le devoir de garantir l'accès de tous à l'eau, quel que soit l'opérateur, tout en veillant à ce que les opérateurs fournissent une eau potable sûre et un assainissement amélioré;


47. souligne que, du fait du caractère particulier des services liés à l'eau et à l'assainissement, tels que la production, la distribution et le traitement, il est impératif de les exclure de tout accord commercial que l'UE négocie ou envisage; 

demande instamment à la Commission de reconnaître une exclusion juridiquement contraignante des services liés à l'eau, à l'assainissement et à l'évacuation des eaux usées dans les négociations en cours concernant le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement et l'accord sur le commerce des services; 

souligne que tous les accords commerciaux et d'investissement à venir devraient comprendre des clauses concernant un accès réel à l'eau potable de la population du pays tiers concerné par l'accord, conformément à l'engagement pris de longue date par l'Union en faveur du développement durable et des droits de l'homme, et qu'un accès réel à l'eau potable de la population du pays tiers concerné par l'accord doit être une condition préalable de tout accord futur de libre-échange;



Pour Claude TURMES, eurodéputé luxembourgeois du Groupe des Verts/ALE: « C’est une douche froide pour les eurodéputés de centre-droit, en particulier à l’UMP ou chez les libéraux qui sont à la botte de Veolia et Suez! Le Parlement européen a aujourd’hui relayé la voix des Européens qui demandent de protéger et de garantir l’accès à l’eau et à l’assainissement en tant que droits fondamentaux reconnus par les Nations Unies.

Suite aux amendements votés en Commission ENVI, le rapport demande d’inscrire dans la législation le droit fondamental à l’eau (tel que défini par l’ONU) et de définitivement exclure les services dans ce secteur des règles du marché intérieur ainsi que de toutes les négociations commerciales en cours (TTIP, AECG et TISA). Un droit fondamental et un service d’intérêt général qui, rappelons-le, ont été remis en question cet été en Grèce avec l’intégration de ce service à la liste des domaines destinés à la privatisation dans le cadre du programme de sauvetage ».



Et maintenant



Ce vote du Parlement européen, salué par le mouvement européen pour l’eau 5  n’est pas, loin de là, la fin d’une bataille citoyenne sur les objectifs de l’ICE.   


Les lobbies de l’eau ont une présence très forte à Bruxelles, comme le démontre Marc Laimé dans son livre très documenté « LE LOBBY DE L’EAU » 6.  La mobilisation en cours contre  les traités de « libre échange » TAFTA et autres est un élément important dans cette bataille. En témoigne le procès, gagné en 2015, par SUEZ contre le retour de l’eau en régie publique en Argentine, procès dénoncé par exemple par Olivier Petitjean7 :  


« Un tribunal arbitral international vient de condamner l’Argentine à verser près de 400 millions d’euros à Suez environnement, pour avoir renationalisé le service de l’eau de Buenos Aires en 2006, après des années de conflits. La firme française a eu recours aux mêmes mécanismes de « résolution des disputes entre États et investisseurs », ou ISDS, qui sont aujourd’hui au centre de la contestation du projet d’accord commercial entre Europe et États-Unis. Une décision qui illustre combien, dans leur fonctionnement actuel, les procédures ISDS ne tiennent véritablement compte ni des droits humains ni de la responsabilité des États vis-à-vis de leurs citoyens, en faisant primer la loi d’airain de la protection des investissements. »







L’EAU  BIEN  COMMUN  HORS  MARCHANDISATION  reste donc l’enjeu d’une bataille  citoyenne qui se mène à tous les niveaux. C’est le cas au niveau de l’Agglomération Orléans-Val de Loire (l’AgglO) .  Le passage à une communauté urbaine, annoncé comme proche,  s’accompagnerait d’un transfert de la compétence EAU à cette  structure. L’assainissement  est déjà en gestion centralisée AgglO : c’est un des plus chers de France et les usagers n’ont aucun droit au chapitre dans les organismes de gestion ! 


Défendre, et étendre,  la régie publique pour la gestion de l’eau potable , de sa ressource au robinet, est une bataille que les citoyen-nes du bassin orléanais doivent mener et gagner pour garantir l’avenir de ce bien commun.


Références
2 : (Le Monde 15 Mars 2012)
6 : Marc Laimé , « LE LOBBY DE L’EAU » , ed 2014, 404 p