samedi 27 février 2021

Barrages et réservoirs: leurs effets pervers en cas de sécheresses longues


A partir du 1er mars le public pourra donner son avis sur le projet de SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) ainsi que sur les mesures qui y sont associées et sur le projet de PGRI (Plan de Gestion des Risques d’Inondation).

Ces documents fixent pour six ans les orientations qui permettent d'atteindre les objectifs attendus en matière de "bon état des eaux », conformément à la Directive Cadre sur l’Eau qui fixe un principe de non-détérioration des eaux et des objectifs ambitieux pour leur restauration.

Dans ses propositions pour parer au manque d’eau accentué par le changement climatique le Comité de Bassin qui a élaboré le projet de SDAGE préconise de stocker l’eau en hiver, quand elle est abondante, pour l’agriculture.



Cette eau stockée ne le sera pas à partir des eaux de pluie mais par pompage dans les nappes. 

Outre les modifications du cycle de l'eau, l'évaporation importante pendant l'été de l'eau stockée et la détérioration de sa qualité, permettre ainsi à des agricultrices et des agriculteurs de continuer à irriguer, sans contrainte aucune, des cultures très gourmandes en eau alors que tout le monde subit des restrictions liées aux sécheresses est totalement en contradiction avec l’objectif affiché par le Comité de Bassin d’économiser l’eau.


Un article du média en ligne The Conversation qui associe journalistes, chercheuses et chercheurs est à ce sujet très parlant :






Pétition en ligne pour une gestion publique et citoyenne de l’eau

https://aleaucitoyenneorleans.wesign.it/fr





lundi 15 février 2021

L’eau à quel prix ?


La République du Centre vient de publier samedi 13 février un article de 2 pages sur l’inégalité face au prix de l’eau. Vous en trouverez une copie ci-dessous.

Cet article qui relève des différences importantes entre les factures d’eau des usagers des communes de la Métropole nécessite des explications complémentaires.

Les tarifs publiés qui correspondent à un instantané dans un environnement évolutif sont réels et il est difficile de contester ces chiffres tant que le mode de calcul du prix du m3 sera effectué à partir d’une consommation de 120 m3 ; ce système permet en effet de biaiser en toute légalité le « prix de l’eau ».

     1)   Le tarif différencié (pratiqué à Orléans) permet de faire baisser artificiellement le prix du m3 comme vous pouvez le découvrir ci-dessous

 


    On pourrait obtenir le « prix réel de l’eau » si on avait le volume total de l’eau distribuée aux usagères et aux usagers dans chaque commune et le montant total des factures que celles-ci et ceux-ci ont versé à la régie ou à l’opérateur.. or ça, on ne l’a pas ! 

 

     2)   Un opérateur privé pour obtenir un contrat ou un marché fait un prix d’appel très bas, quitte à être à perte localement au début du contrat ou du marché, ce qui lui permet d’être concurrentiel ou moins cher qu’une régie qui, elle, est dans l’obligation de fonctionner à prix réel. C’est au cours du contrat que l’opérateur récupère ses billes en pratiquant des hausses de tarifs supérieures au coût de la vie.

 

     3) Une régie, qui ne peut pas faire de bénéfice, a tout intérêt à entretenir régulièrement les réseaux, le matériel pour éviter des variations de tarifs importantes. La collectivité dont l’eau est en régie agit et sait ce qui est fait en permanence. La programmation des travaux, des améliorations à porter se fait au fur et à mesure, en toute transparence.

L’opérateur privé doit faire des bénéfices. Pour y parvenir sans que la facture s’envole il ne fait pas ce qui ne se voit pas. On en a eu un bel exemple à Saint-Jean-de-Braye en 2012


 Cette situation est d’autant plus criante quand les collectivités n’ont plus aucun salarié qui suit ce qui se fait réellement sur le terrain.. ce qui est malheureusement le cas sur de nombreuses délégations de service public. Ce qui fait foi alors c’est le rapport de l’opérateur qui raconte ce qu’il veut. 

 

4)    Les concessions qui donnent à l’opérateur privé la gestion complète d’un service, y compris les gros travaux et les aménagements reviennent la plupart du temps plus cher aux usagères et aux usagers que les autres modes de gestion.

Les contrats d’affermage confient la gestion du service à l’opérateur sans qu’il ait à sa charge les gros travaux et les aménagements qui sont alors du ressort de la collectivité. Le prix de revient du service est en général moindre que pour une concession puisque la collectivité finance une partie de ses travaux et des équipements, non plus à partir de la facture d’eau mais à partir des impôts de ses habitants

Quand c’est une régie qui est à la manœuvre l’intégralité de la gestion, des travaux et des aménagements est à sa charge.. d’où un prix de l’eau parfois plus élevé que celui d’un affermage.

 

5)    Le prix actuel de l’eau dans les communes est très lié à la situation locale, au captage, à l’état de la nappe dans laquelle on effectue le ou les prélèvements d’eau. Ce qui joue parfois de manière notable sur les prix..

 

          Pour résumer :

-         les communes du nord-ouest de la métropole subissent ou ont subi des pollutions d’origine agricole (nitrates et pesticides).

Ce sont les habitantes et les habitants de ces communes, et non les agriculteurs, qui paient les conséquences de ces pollutions ! A Ingré les factures d’eau se sont ainsi accrues de pas loin d’1€ par m3.


-         Les communes au nord et à l’est d’Orléans (de Fleury à Mardié) captent de l’eau souterraine provenant de la forêt d’Orléans. Elle est exempte de pollutions agricoles et industrielles. Le traitement avant distribution est absent ou léger et demande peu d’équipement.

Saint-Jean-de-Braye qui est en régie depuis 2012 a choisi de maintenir un tarif dans la moyenne, stockant 30% de ses recettes afin de construire une usine pour rendre l’eau du robinet moins calcaire.

 

-         les communes au sud d’Orléans qui ont leurs captages sur le coteau de Sologne reçoivent une eau aux qualités identiques à celle des communes dont l’eau provient de la forêt d’Orléans.


-         Orléans a des captages dans la nappe alluviale (eau souterraine provenant de la Loire et qui circule dans des calcaires karstiques). L’eau est donc parfois loin des critères de qualité. C’est pourquoi Orléans a installé une usine, l’usine du Val, qui par le biais d’une ultrafiltration « nettoie » l’eau. Ce procédé, efficace et coûteux, est répercuté sur l’ensemble des clients de l’Orléanaise des Eaux.. ce qui, compte-tenu du nombre de personnes desservies, ne nuit pas trop à la facture d’eau.. et ce d’autant moins qu’Orléans vend à prix fort de l’eau à Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Denis-en-Val, Saint Jean de la Ruelle et Saint-Pryvé qui ont leurs captages pollués ou qui n’ont pas de captages. 


L’article qui ne tient pas compte de tous ces paramètres est malheureusement réducteur et, en le lisant, on se dit que Veolia c’est « super » alors que c’est un super prédateur qui ne supporte aucune concurrence (cf. ce qui se passe entre Suez et Veolia) et qui une fois installé enrichit grassement ses actionnaires au détriment des usagers (cf. ce qui s’est passé à Olivet quand Veolia gérait l’eau potable de la commune).  

 

Cela dit résumer une régie uniquement au tarif qu’elle propose ce serait de notre part oublier qu’elle peut et doit être un espace de liberté, de solidarité et dont les décisions et la gestion doivent être effectuées en toute transparence. Ca, un opérateur privé ne peut l’assurer..




La République du Centre - le 13 février 2021


 

Pétition en ligne pour une gestion publique et citoyenne de l’eau

https://aleaucitoyenneorleans.wesign.it/fr


mardi 19 janvier 2021

Eau Secours et les assises

 

Les assises de la transition écologique organisées par Orléans Métropole de janvier à avril 2021 (Assises de la Transition écologique d'Orléans Métropole – La transition est entre nos mains (orleans-metropole.fr)) reposent sur 9 thématiques dont « l’eau et les milieux aquatiques » et le « risque d’inondation ».


Théoriquement élu-e-s, expert-e-s, entreprises, assos et citoyen-ne-s seront associés à la réflexion, aux propositions, à l’élaboration de contenus qui seront validés ou non en juin.

Pour ce faire, la métropole décline les assises de la manière suivante :

1.     Le « on » : réunions de travail, ateliers avec élus, experts et acteurs locaux

2.     le « off » : organisation d’évènements par les assos, les citoyen-ne-s

3.     une synthèse du « on » et du « off » doit être présentée en mai - juin aux élu-e-s métropolitain-e-s qui se prononceront ensuite sur le budget et les actions à privilégier

  

Eau Secours compte intervenir sur les thèmes proposés par la métropole mais en y intégrant aussi les modes de gestion, le droit et l’accès à l’eau, ses usages, la place et le rôle des citoyennes et des citoyens dans tous les projets et les décisions sur l’eau…   en résumé, tout ce qu’Eau Secours défend depuis des années !




Lien direct vers la pétition en ligne: 

https://aleaucitoyenneorleans.wesign.it/fr