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lundi 15 février 2021

L’eau à quel prix ?


La République du Centre vient de publier samedi 13 février un article de 2 pages sur l’inégalité face au prix de l’eau. Vous en trouverez une copie ci-dessous.

Cet article qui relève des différences importantes entre les factures d’eau des usagers des communes de la Métropole nécessite des explications complémentaires.

Les tarifs publiés qui correspondent à un instantané dans un environnement évolutif sont réels et il est difficile de contester ces chiffres tant que le mode de calcul du prix du m3 sera effectué à partir d’une consommation de 120 m3 ; ce système permet en effet de biaiser en toute légalité le « prix de l’eau ».

     1)   Le tarif différencié (pratiqué à Orléans) permet de faire baisser artificiellement le prix du m3 comme vous pouvez le découvrir ci-dessous

 


    On pourrait obtenir le « prix réel de l’eau » si on avait le volume total de l’eau distribuée aux usagères et aux usagers dans chaque commune et le montant total des factures que celles-ci et ceux-ci ont versé à la régie ou à l’opérateur.. or ça, on ne l’a pas ! 

 

     2)   Un opérateur privé pour obtenir un contrat ou un marché fait un prix d’appel très bas, quitte à être à perte localement au début du contrat ou du marché, ce qui lui permet d’être concurrentiel ou moins cher qu’une régie qui, elle, est dans l’obligation de fonctionner à prix réel. C’est au cours du contrat que l’opérateur récupère ses billes en pratiquant des hausses de tarifs supérieures au coût de la vie.

 

     3) Une régie, qui ne peut pas faire de bénéfice, a tout intérêt à entretenir régulièrement les réseaux, le matériel pour éviter des variations de tarifs importantes. La collectivité dont l’eau est en régie agit et sait ce qui est fait en permanence. La programmation des travaux, des améliorations à porter se fait au fur et à mesure, en toute transparence.

L’opérateur privé doit faire des bénéfices. Pour y parvenir sans que la facture s’envole il ne fait pas ce qui ne se voit pas. On en a eu un bel exemple à Saint-Jean-de-Braye en 2012


 Cette situation est d’autant plus criante quand les collectivités n’ont plus aucun salarié qui suit ce qui se fait réellement sur le terrain.. ce qui est malheureusement le cas sur de nombreuses délégations de service public. Ce qui fait foi alors c’est le rapport de l’opérateur qui raconte ce qu’il veut. 

 

4)    Les concessions qui donnent à l’opérateur privé la gestion complète d’un service, y compris les gros travaux et les aménagements reviennent la plupart du temps plus cher aux usagères et aux usagers que les autres modes de gestion.

Les contrats d’affermage confient la gestion du service à l’opérateur sans qu’il ait à sa charge les gros travaux et les aménagements qui sont alors du ressort de la collectivité. Le prix de revient du service est en général moindre que pour une concession puisque la collectivité finance une partie de ses travaux et des équipements, non plus à partir de la facture d’eau mais à partir des impôts de ses habitants

Quand c’est une régie qui est à la manœuvre l’intégralité de la gestion, des travaux et des aménagements est à sa charge.. d’où un prix de l’eau parfois plus élevé que celui d’un affermage.

 

5)    Le prix actuel de l’eau dans les communes est très lié à la situation locale, au captage, à l’état de la nappe dans laquelle on effectue le ou les prélèvements d’eau. Ce qui joue parfois de manière notable sur les prix..

 

          Pour résumer :

-         les communes du nord-ouest de la métropole subissent ou ont subi des pollutions d’origine agricole (nitrates et pesticides).

Ce sont les habitantes et les habitants de ces communes, et non les agriculteurs, qui paient les conséquences de ces pollutions ! A Ingré les factures d’eau se sont ainsi accrues de pas loin d’1€ par m3.


-         Les communes au nord et à l’est d’Orléans (de Fleury à Mardié) captent de l’eau souterraine provenant de la forêt d’Orléans. Elle est exempte de pollutions agricoles et industrielles. Le traitement avant distribution est absent ou léger et demande peu d’équipement.

Saint-Jean-de-Braye qui est en régie depuis 2012 a choisi de maintenir un tarif dans la moyenne, stockant 30% de ses recettes afin de construire une usine pour rendre l’eau du robinet moins calcaire.

 

-         les communes au sud d’Orléans qui ont leurs captages sur le coteau de Sologne reçoivent une eau aux qualités identiques à celle des communes dont l’eau provient de la forêt d’Orléans.


-         Orléans a des captages dans la nappe alluviale (eau souterraine provenant de la Loire et qui circule dans des calcaires karstiques). L’eau est donc parfois loin des critères de qualité. C’est pourquoi Orléans a installé une usine, l’usine du Val, qui par le biais d’une ultrafiltration « nettoie » l’eau. Ce procédé, efficace et coûteux, est répercuté sur l’ensemble des clients de l’Orléanaise des Eaux.. ce qui, compte-tenu du nombre de personnes desservies, ne nuit pas trop à la facture d’eau.. et ce d’autant moins qu’Orléans vend à prix fort de l’eau à Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Denis-en-Val, Saint Jean de la Ruelle et Saint-Pryvé qui ont leurs captages pollués ou qui n’ont pas de captages. 


L’article qui ne tient pas compte de tous ces paramètres est malheureusement réducteur et, en le lisant, on se dit que Veolia c’est « super » alors que c’est un super prédateur qui ne supporte aucune concurrence (cf. ce qui se passe entre Suez et Veolia) et qui une fois installé enrichit grassement ses actionnaires au détriment des usagers (cf. ce qui s’est passé à Olivet quand Veolia gérait l’eau potable de la commune).  

 

Cela dit résumer une régie uniquement au tarif qu’elle propose ce serait de notre part oublier qu’elle peut et doit être un espace de liberté, de solidarité et dont les décisions et la gestion doivent être effectuées en toute transparence. Ca, un opérateur privé ne peut l’assurer..




La République du Centre - le 13 février 2021


 

Pétition en ligne pour une gestion publique et citoyenne de l’eau

https://aleaucitoyenneorleans.wesign.it/fr


mercredi 2 septembre 2020

VEOLIA maître du monde !

 

VEOLIA et la concurrence


La Gazette des Communes


L'analyse de Marc Laimé




Marianne

 

La stratégie de VEOLIA Eau en France



La Gazette des Communes
 

Beaucoup de chose à dire sur cet article qui ne peut que nous interpeler

 

1) Pourquoi VEOLIA a perdu de nombreux contrats?

A croire le DG de VEOLIA c'est la pression sur les comptes publics ou la politisation de la question de l'eau qui en sont à l'origine mais, et il est étrangement muet là-dessus, c'est surtout parce que l'entreprise, par le biais de DSP ou de concessions, "s'en est mis plein les poches" pendant des années, avec une qualité du service parfois déplorable, et ce au détriment des usagers. Ceux-ci ont fini par se mobiliser, par faire pression sur leurs élus, ont dénoncé les irrégularités ou les surfacturations dont ils étaient victimes.

L'exemple d'Olivet est à ce sujet très illustratif:  L'eau potable à Olivet: une implication citoyenne de longue date

 

2) Le discours environnemental, la stratégie du mieux disant, c'est vraiment dans l'air du temps. Une fois aux manettes que ferait vraiment l'entreprise? qui serait apte à contrôler ce qui est réellement effectué? Rien ne garantit qu'elle ne reviendra pas à une politique de "low cost" sous la pression de ses actionnaires.

 

3) Que recouvre la notion de Contrat de Service Public (CSP)?

En dehors des explications fournies par l'article n'est-ce pas le moyen de vider la régie de toute sa substance puisque ce sont bien des régies qui passeront ces contrats avec l'entreprise qui agira, de fait, au nom et à la place de la régie.

Avec ces contrats, que resterait-il à la régie? Que deviendrait son personnel?

Les CSP relèvent-ils du ressort de la CCSPL? etc. etc.

 

Joli artifice de la part de VEOLIA: avec le CSP, pour parodier une vieille pub des années 80, " Ça a la couleur la régie, le goût de la régie… mais ce n’est pas la régie! ".. et ça va complètement à  l'encontre de ce qu'Eau Secours promeut.

Il n'est pas question pour nous d'accepter ce genre de régie où que ce soit sur le territoire d'Orléans Métropole..

 

4) Il y aurait beaucoup à dire, notamment sur l'agressivité de VEOLIA vis-à-vis de la concurrence ou de ses clients (du côté de Chécy, les relations des usagers avec l'opérateur sont loin de satisfaire tout le monde..) mais, pour terminer, transformer les usagers en consom'acteurs, c'est les placer encore une fois en aval des décideurs et valider que l'eau est une marchandise.

Normalement le consom'acteur est censé réguler la société de consommation par le biais de ses choix voire en s'émancipant des produits. Ca peut aller jusqu'au boycott de produits ou d'entreprises. Une sorte de régulation par le marché.. (on se rapproche du dogme libéral..)

En ce qui concerne l'eau du robinet, l'usager est captif, quel que soit le mode de gestion, car il ne peut changer lui-même de gestionnaire, ne peut boycotter le "produit".. (on est loin alors du dogme libéral..)

Le consom'acteur à la mode VEOLIA, quel est son pouvoir réel?

 

Pour que l'usager agisse directement sur l'eau, qui est son bien et non le produit d'une entreprise, il faut qu'il participe à sa gestion, qu'il soit acteur dans les choix.. Actuellement, seule une régie avec autonomie financière et personnalité morale le permet.