mardi 5 décembre 2017

Impact de l'agriculture intensive sur la qualité de l'eau potable (3)



Dans le Loiret, 7 nappes phréatiques sur 8 sont polluées par les pesticides. La nappe de Beauce, avec un taux moyen de 1,2µg de pesticides par litre d'eau, est celle qui est la plus impactée par l'agriculture intensive.  


Même si avec ce taux on reste en dessous des limites de qualité fixées par le Code de la Santé Publique (5µg par litre d'eau pour le total des pesticides détectés) il y a de sérieuses raisons de s'inquiéter quand on découvre le nombre de produits "phytosanitaires" (sans parler de leur toxicité) présents dans cette nappe.    
   
3- Les pesticides la "nappe" de Beauce











Quelques remarques à la lecture de ces tableaux:




1- les concentrations de 4 herbicides dépassent les limites de qualité.



2- le glyphosate et un de ses produits de dégradation, l'ampa,  sont présents dans la nappe de Beauce. Le glyphosate est utilisé en agriculture depuis une quarantaine d'années et son utilisation n'a fait que croître depuis les années 80.

Les pesticides pulvérisés à la surface des sols mettent du temps à s'infiltrer dans le sous-sol et à atteindre les nappes phréatiques. En Beauce cela peut mettre plusieurs dizaines d'années.
La pollution au glyphosate n'en est donc qu'à son début et elle devrait augmenter sensiblement ces prochaines années.

Quant à la biodégradabilité du produit.. y a-t-il vraiment des commentaires à ajouter?



3- Parmi les 208 molécules détectées, il y a des perturbateurs endocriniens*°.

Contrairement à ce qui est admis actuellement pour les pesticides, on ne peut plus avec les perturbateurs endocriniens se référer à un taux de concentration ou à un seuil en dessous desquels ces produits seraient "sans danger" pour l'organisme puisque ces perturbateurs agissent à des doses extrêmement faibles. Les femmes enceintes et les bébés sont particulièrement vulnérables à ces poisons mais ils affectent tout le monde.

Leur présence dans l'eau, où ailleurs, est inacceptable et leur utilisation doit être totalement interdite.

Il existe des solutions pour débarrasser l'eau des pesticides qu'elle contient (filtration membranaire, filtres à charbon actif..) mais c'est coûteux pour les collectivités et les usagers... et très rentable pour les multinationales. De nombreuses collectivités n'ont pas les moyens de se les offrir..

On est dans un système complètement fou et criminel qui privilégie la productivité à tout prix au détriment de la santé des citoyens.  Il est plus que temps d'inverser les priorités.





* Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui interfèrent avec les cellules ou les organes impliqués dans la production d'hormones. Ils peuvent donc nuire à la santé et à la reproduction.




° Liste des pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens.

Cette liste a été publiée en juillet dernier par le ministère de la transition écologique.




















mercredi 29 novembre 2017

Impact de l'agriculture intensive sur la qualité de l'eau potable (1)




Pour le Festival d'alternatives alimentaires Eau Secours a présenté une étude sur la qualité de l'eau potable distribuée sur l'ensemble des communes du Loiret. 
En voici le contenu.



1- Analyses des eaux captées et distribuées dans le Loiret



2- Les masses d'eaux souterraines



3- Les pesticides dans la "nappe de Beauce"



4- Pour compléter



5- Des solutions?


 1- Analyses des eaux captées et distribuées dans le Loiret





 On les trouve sur le site du Ministère chargé de la Santé:
https://orobnat.sante.gouv.fr/orobnat/afficherPage.do?methode=menu&usd=AEP&idRegion=24






























vendredi 20 octobre 2017

UFC QUE CHOISIR: PETITION EAU







                         Publié le : 17/10/2017  



 




Ressource aquatique - Stop à la gabegie !

Notre objectif est de 100 000 signatures.
Haut du formulaire



Les études officielles soulignent que la disponibilité et la qualité de la ressource aquatique se dégradent depuis de nombreuses années… Nous, consommateurs, qui avons été trop largement mis à contribution, refusons la fuite en avant alors que des solutions simples, concrètes et efficaces existent et coûteraient en moyenne 3 fois moins cher que les traitements actuels de dépollution.


Les constats : une eau raréfiée et polluée !
• 84 départements ont connu des restrictions d’eau cet été, dont 37 en situation de « crise », échelon le plus élevé.
• 1,9 million de consommateurs ont été exposés à une eau polluée par les pesticides agricoles entre 2014 et 2016. L’accès à une eau de qualité pour la majorité des Français se fait au prix de coûteuses dépollutions.


Une responsable : l’agriculture intensive
• L’agriculture intensive accapare 80 % de la consommation nette estivale de l’eau, et la moitié de la consommation nette annuelle.
• L’agriculture intensive est la principale responsable des pollutions de la ressource aquatique, à hauteur de 70 % pour les pesticides et de 75 % pour les nitrates.


Une complice : la politique de l’eau archaïque et injuste !
• Les aides publiques encouragent essentiellement l’agriculture intensive et insuffisamment les modèles agricoles moins consommateurs de pesticides, d’engrais et d’eau.
• Les agences de l’eau consacrent à peine 30 % de leur budget à la prévention, qui est pourtant leur mission principale.
• Les consommateurs paient, via leurs factures d’eau, l’essentiel des taxes « consommation » et « pollution » en lieu et place des principaux préleveurs et pollueurs !


Notre demande

Dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, dont l’objectif affiché est de promouvoir une alimentation saine et durable, nous réclamons une réforme urgente de la politique de l’eau avec une application stricte du principe de justice « préleveur-pollueur-payeur », la mise en place de vraies mesures de prévention et une aide à la reconversion des pratiques agricoles vers des cultures moins consommatrices d’eau et de pesticides.

Pour une ressource aquatique préservée, une eau de meilleure qualité et moins chère, une agriculture durable valorisée : nous ne voulons pas juste une politique de l’eau, mais une politique juste de l’eau



SIGNEZ CETTE PETITION DE UFC QUE CHOISIR