samedi 19 mars 2022

On nous écrit..

Après la lettre ouverte* qu’Eau Secours a adressée à Serge Grouard puis transmise aux maires des communes constituant la métropole, un élu Boignacien nous a transmis ce message :

* cf. bas de page


« Réponse ouverte...

A gauche toute, avec l'addiction aux services publics, à la bureaucratie et aux dérapages financiers incontrôlables.  J'illustre :  en 2020 le prix du m3 (eau potable et assainissement) est passé de 3.62 € à 3.09€, sans augmentation des tarifs des délégataires. VEOLIA contrôle une fois par semaine la qualité de l'eau distribuée, alors que l'ARS le fait une fois par mois (dans le meilleur des cas) et communique les analyses sur des prélèvements vieux de un UN MOIS ET DEMI ! 

Comment ne pas être satisfait de la gestion actuelle ? Nous allons aussi faire de la com. » 

TP


Voici la réponse d’Eau Secours :

« Bonjour Monsieur,

Je présume que pour vous Nice et Castres qui gèrent leur eau par le biais d’une régie publique font partie des villes dirigées par des gens « à gauche toute ».

Tous les salariés de l’eau et de l’assainissement sont de droit privé, quel que soit le mode de gestion. C’est comme ça depuis 1926.

Dans notre intercommunalité, seule la ville de Saran dont la régie était antérieure à 1926 avait des salariés communaux pour l’eau et l’assainissement. Avec le passage des compétences « eau » et « assainissement » à la Métropole le problème ne se pose plus. Tous les salariés de l’eau et de l’assainissement sont payés à partir de nos factures d’eau. Une régie n’augmente pas le service public, elle augmente la responsabilité des élus. La question que l’on peut se poser c’est pour quoi les élus sont-ils prêts à prendre des responsabilités..

 

La bureaucratie dont vous parlez.. : sans le service public actuel « eau et assainissement » de la Métropole, les contrats, dont le vôtre avec Veolia que vous mettez en avant, n’auraient pas été aussi contraignants pour les opérateurs.

Le service public d’assainissement collectif, géré par la Métropole, couvre 70% de la distribution et 15% de l’assainissement à proprement parler. Ce service comprend 89 salariés. Vous avez à vous en plaindre ?  

 

Quant aux dérapages financiers ce sont SUEZ et VEOLIA qui ont pratiqué des marges abusives, voire des malversations, pendant des années avec des contrats qui duraient jusqu’à 99 ans (à Olivet par exemple). Pour contrer ces dérives il y a eu la loi Sapin de 1993 relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques puis l’arrêt Olivet (suite à une longue mobilisation citoyenne) qui ont conduit à un raccourcissement des contrats et à une baisse des prix de l’eau.

La mobilisation citoyenne a joué aussi son rôle à Fleury puisqu’à Olivet et Fleury, après maintes démarches des habitants (étude de dossiers, appel à la justice, réunions publiques, interpellations etc. etc.) les prix de l’eau ont baissé en moyenne de 40%.Olivet est toujours géré par un opérateur privé.. SUEZ a remplacé VEOLIA, votre champion. A Fleury la municipalité a choisi, quand Marie-Agnès Linguet était Maire, de créer une régie partielle de l’eau en ne renouvelant pas le contrat qui la liait à la SAUR mais en passant un marché sur la production de l’eau avec SUEZ.

 

Facile de faire une comparaison entre l’ARS et VEOLIA. Quel que soit le mode de gestion l’ARS effectue ses contrôles, moins fréquents mais très souvent bien plus poussés que ceux des opérateurs. De toutes façons, l’opérateur, qu’il soit public ou privé, a une obligation d’autocontrôle.

 

Je comprendrais votre discours mettant en avant VEOLIA si votre eau était gérée auparavant par une régie. Ce n’est pas le cas : vous êtes passés de la SAUR à la Nantaise des Eaux puis à SUEZ avant d’en arriver à VEOLIA. Doit-on à partir de vos dires en conclure que les opérateurs précédant VEOLIA n’ont pas fait correctement leur travail ? Je vous laisse juge de votre réponse.

Une des pratiques des opérateurs privés est de proposer un prix très bas en début de contrat mais dont la hausse annuelle est supérieure à celle du coût de la vie. Etes-vous sûr qu’avec votre contrat VEOLIA, s’il est renouvelé, vous n’arriverez pas à un prix au bout de 10, 12 ans bien moins attractif.. A Saint-Jean-de-Braye quand la municipalité a décidé de gérer elle-même son eau il y a eu pas mal de déconvenues liées au travail réel de l’opérateur privé. Pour résumer, vous allez penser « caricaturer », ce qui ne se voyait pas n’a pas été fait ou a été mal fait :

1.     casses multiples de canalisations en mauvais état (la SAUR ne savait pas non plus où était située une partie des canalisations)

2.     1/3 des vannes qui permettent d’isoler un secteur, un quartier, en cas de travaux ont cassé lorsque la municipalité les a fait vérifier

3.     l’étanchéité des 3 châteaux d’eau à due être refaite

 

Pendant tout le temps de la gestion privée de l’eau à Saint-Jean-de-Braye il n’y a eu comme contrôle des délégataires (avant la SAUR c’était la Lyonnaise) que celui portant sur leurs rapports annuels. Si la mairie avait gardé un minimum de service public, que vous semblez tant exécrer, pour exercer un contrôle réel et approfondi de ce qui était réellement fait, c’est plusieurs centaines de milliers d’Euros qui auraient pu être économisés. Petite information supplémentaire et vérifiable auprès des services de la Métropole : en ayant diminué de plus de 10% le prix de l’abonnement des abraysiens, en faisant les travaux que la SAUR n’avait pas effectués et en assurant la totalité du service « eau » la municipalité arrivait chaque année à stocker 400 000€ dans l’optique de créer une usine pour diminuer le taux de calcaire dans l’eau distribuée. La différence entre une régie et un opérateur c’est qu’une régie consacre toutes ses recettes à l’eau, et rien qu’à l’eau. C’est peut-être ça que vous appelez les dérapages financiers ?

 

Vous ne vous êtes jamais posé la question de savoir à combien reviendrait votre eau si le canton de Chécy avait opté pour une régie publique ? Je présume que non au vu de votre discours. Sachez quand même qu’une régie peut être remise en cause et remplacée par un opérateur privé n’importe quand. Essayez de faire l’inverse quand un contrat vous lie à SUEZ ou VEOLIA, même si le travail de l’opérateur ne vous satisfait pas.

 

Vous n’avez pas relevé dans notre courrier à Monsieur Grouard, et je m’en étonne, notre intransigeance à imposer une cogestion de l’eau et de l’assainissement impliquant des citoyens ou des associations. Au cas où vous penseriez qu’il serait utile d’associer les citoyens (qui financent par le biais de leur facture les dépenses de l’eau et de l’assainissement) à la gestion de l’eau, expliquez-moi comment on peut les associer à cette gestion quand on a signé un contrat pour 12 ans avec un opérateur privé. Une régie permet d’associer élus, personnes qualifiées et citoyens..

Si vous pensez que seuls les élus sont en capacité de gérer et de décider, ne vous étonnez pas alors de la défiance de nombreux citoyens vis-à-vis des élus..        

 

Pour clore cette réponse à votre courrier, vous parlez d’idéologie « à gauche toute »… c’est sans aucun doute vrai pour moi mais pas pour la totalité de nos adhérents. Ce discours simpliste que vous avez vis avis d’assos comme la nôtre (on peut être de droite et défendre aussi les services publics : le Maire UMP de Castres a choisi la régie en 2006.. et que penser de Nice ?) vous permet en fait de ne pas prendre en compte ce que nous proposons et défendons, de vous placer en tant qu’arbitre impartial alors que tout dans votre discours caricatural reflète lui aussi une idéologie très souvent non assumée par vos collègues de la Métropole et peut-être par vous-même.

 

Bonne com. »

Pour Eau Secours : Eric Vidal










jeudi 3 février 2022

La démocratie à la mode métropolitaine !

Les élus métropolitains choisiront en juillet prochain le ou les futur-s mode-s de gestion de l’eau et de l’assainissement des 22 communes d’Orléans Métropole car, rappelons le, à partir du 1er janvier 2024 leur gestion ainsi que celle des eaux pluviales et de la défense incendie aura été totalement réorganisée.

 Le délai très court entre la décision que prendront les élus et la réorganisation effective des services est un très mauvais signe car il suppose le maintien de la situation actuelle où Suez et Veolia se partagent la part du Lion.

Malgré tous nos efforts il n’y a eu aucun débat, sauf ceux que nous avons organisés. Tout se passe entre Maires, quelques structures métropolitaines, dont les services eau et assainissement et les élus en charge de ces services. Les conseils municipaux et les usagers sont complètement mis à l’écart et c’est clairement revendiqué par la métropole.

Avec des élus métropolitains très majoritairement favorables à la gestion privée, Veolia et Suez ont peu de souci à se faire !  


A ce sujet, ICEO Olivet vient de publier un article qui résume très bien le passage en force de la métropole pour imposer sa décision sans aucun débat dans les conseils municipaux, sans aucun débat public.

Cette façon de faire ramène une fois de plus les citoyennes et les citoyens au rôle qui leur est si souvent dévolu : « Paie et tais-toi ! ».


1 février 2022

EAU et ASSAINISSEMENT au conseil municipal d’Olivet : une question écrite mal-traitée par le maire

Les cinq élus de l’opposition avaient adressé, pour la première fois tous ensemble, une question écrite au maire pour le Conseil Municipal d’Olivet (CMO) du lundi 24 janvier, à laquelle il était tenu de répondre d’après le règlement du CMO.

Dans cette démarche exceptionnelle, ils demandaient quand et comment :

- le conseil municipal aurait à discuter des choix proposés pour la gestion future des services publics métropolitains EAU POTABLE et ASSAINISSEMENT concernant les 22 villes, dont Olivet. Ceci avant que leurs représentants (7 élus uniquement de la majorité) votent ces gestions au conseil de métropole

- les citoyens / citoyennes de notre commune seraient associés aux discussions sur les options possibles pour ces services dont ils supportent 100% des coûts.

Cette question écrite est consultable sur le site suivant : http://www.olivet-mag.fr/2022/01/conseil-municipal-du-24-janvier.html 

 

M Schlesinger n’a pas daigné répondre lui-même mais a donné la parole à M Leclerc, maire-adjoint, parlant en l’absence de Mme Lerouge, adjointe au cadre de vie. Compte tenu que cette question était adressée au maire (et 1er vice-président de la métropole) par les trois composantes minoritaires représentant plus du tiers des électeurs olivetains, cette façon de ne pas répondre lui-même est apparue comme méprisante, sans respect élémentaire de la démocratie élective, pourtant la seule qui existe à ses yeux.

 

M Leclerc s’est limité à informer le CMO du calendrier décidé en métropole, qui ne laisse aucune place à l’implication des élus du CMO et aux usagers. Ce calendrier est le suivant :

- fin mars 2022 : rapport de la société mandatée pour proposer trois options possibles pour les gestions futures de ces 2 services (budget annuel de l’ordre de 90 Millions d’euros)

- jusqu’à fin juin : discussions de ces choix :  bureau des maires + élus des pôles territoriaux + commissions métropolitaines. Mais des informations sur l’avancement de ce dossier seront données en CMO  …...   par des comptes rendus de réunions de ces commissions ( la routine quoi ..).  

- décision sur les futures gestions finalement votée en juillet par le conseil de métropole.

 

 DEUX CONSTATS :

1 / Cette date tardive de juillet signifie sans doute que le choix déjà fait est de ne rien changer à l’existant ! On savait en effet que la mise en œuvre d’une nouvelle organisation (par exemple ne laissant pas TOUTE LA PRODUCTION DE NOTRE EAU POTABLE aux mains des VEOLIA-SUEZ) ne serait réaliste que si la décision politique était prise au plus tard en avril.

2 / A quoi sert ce conseil municipal s’il n’est pas consulté sur la gestion de services publics aussi importants pour notre quotidien ? Elues et élus pour gérer au mieux la ville, conseillères et conseillers n’auraient donc droit qu’à en être informé-e-s par les super-élu-e-s qui sont à la métropole !

Et ne parlons pas des usagers : ils n’ont qu’à payer leurs factures (y compris les dividendes versés aux actionnaires en cas de gestion privée). Informés peut-être mais consultés : pas question !

 

En prenant la parole après son adjoint, M Schlesinger (maire et 1er vice-président de la métropole) a tenu à rappeler qu’en vertu de la loi NOTRE l’organisation du service de l’eau potable et de l’assainissement est une compétence métropolitaine et confirme qu’aucune réunion d’information ni consultation des usagers olivetains ne seraient organisées. (Mais rien n’est prévu non plus semble-t-il au niveau de la métropole !).

Quelles études, quelles options de gestion, quels intervenants, quelles concertations pour éclairer les élu-e-s métropolitain-e-s ?  Rien n’est dit.   

Serait-ce le petit cercle des maires qui choisirait, dans une de ses réunions, à quelle sauce seront accommodés nos services EAU POTABLE et ASSAINISSEMENT ?

A Olivet comme dans les autres villes les citoyennes et citoyens ne seraient donc pas associés au choix, ni de près ni de loin.  Quel contraste avec des collectivités où la notion de démocratie participative n’est pas un label creux vide de sens ! Par exemple au Kremlin Bicêtre comme on peut le lire dans un article publié récemment sur ce blog : Les usagers consultés pour l'avenir de leur EAU POTABLE : ça existe ... ailleurs ! - ICEO (over-blog.com)

 

Le choix idéologique de laisser toute la production de l’eau potable des 22 villes métropolitaines aux mains des SUEZ-VEOLIA est-il déjà fait ? …en se cachant derrière une justification de retard de calendrier. 

Ce choix est pourtant objectivement dangereux pour l’avenir et contraire à l’intérêt des usagers : il prive la collectivité d’une réelle maîtrise de ces services publics essentiels demandant leur contrôle continu et effectif.  Or ce contrôle ne peut être fait que par le personnel compétent d’un solide service eau métropolitain ! C’est bien ce qu’a démontré au fil des années l’expérience du service d’assainissement forte de ses personnels compétents de la DCERE. 

 

Les élu-e-s métropolitains considèrent-ils les usagers inaptes à comprendre les enjeux et incapables de jugements pertinents ? Ou, plutôt, craignent-ils que les citoyennes et citoyens, consultés après avoir été informés, manifestent des préférences qui n’ont pas leur faveur ?

L’association ICEO, pour ce qui la concerne, n’accepte pas ce déni de démocratie qui laisserait les élu-e-s décider sans que citoyennes et citoyens aient leur mot à dire. 

 

EAU et ASSAINISSEMENT seront de plus en plus des services essentiels : ils auront à faire face aux périodes de fortes pluies et de sécheresses prévues dans les modèles les plus récents d’évolution climatique pour notre région. Abandonner l’eau aux mains du privé, c.-à-d. en faire une source de profit, est un choix qui mettrait en danger, par pure idéologie, qu’on le veuille ou non, l’avenir de ce bien commun et vital qu’est l’eau potable dont la collectivité serait incapable de garantir une réelle maîtrise.




 

vendredi 19 novembre 2021

Réunion publique « Eau » le 7 décembre à 20h45 à la Source.


Le conseil métropolitain se prononcera au printemps 2022 sur la réorganisation et sur le ou les futur-s mode-s de gestion des services publics EAU POTABLE et ASSAINISSEMENT des 22 communes constituant Orléans Métropole.Cette nouvelle organisation qui concerne aussi les eaux pluviales urbaines et la défense extérieure contre les incendies prendra effet le 1er janvier 2024.


Eau Secours constate qu’à 6 mois de la décision des élu-e-s il n’y a eu aucune communication, aucun débat pour que les citoyennes et les citoyens puissent s’informer et donner leur avis sur le devenir de ces 2 services et sur leur gouvernance. C’est d’autant plus regrettable que les coûts de l’eau et de l’assainissement, dans leur totalité, sont financés par le biais de leurs factures d’eau.


C’est pour pallier cette absence de prise en compte des habitantes et des habitants de la Métropole qu’EAU SECOURS s’est permis d’inviter Christophe LIME, président de France Eau Publique et vice-président en charge de l’eau et l’assainissement pour Grand Besançon Métropole.

 

Christophe Lime animera le mardi 7 décembre à 20h45 à la Maison des Associations de la Source (3 rue Fontenelle, près de la salle G.Philipe)  une réunion publique pour amorcer la réflexion et le débat sur la gestion de l’eau et sur ce qu’elle induit, sur la place des citoyennes et des citoyens dans cette gestion.


Vous y êtes convié-e